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Rapport du WWF : « En l'espace d'une seule génération, les activités humaines ont gravement dégradé les océans »

Thursday 24 September 2015

Les populations d’animaux marins ont diminué « de 49 % entre 1970 et 2012 » !
Certaines ont même vu leur effectif fondre de près de 75 % ;  les espèces les plus prisées comme le thon, le maquereau et la bonite subissent le déclin le plus marqué.

Effectuée sur une base d’observation de 5 829 populations appartenant à 1 234 espèces, l’analyse s’appuie sur une série de données près de deux fois plus riche que celle des analyses passées et dresse ainsi un tableau plus clair, mais aussi plus inquiétant de l’état des océans. Si ces conclusions constituent une mauvaise nouvelle pour toutes les nations, elles le sont plus encore pour les plus exposées, notamment les populations côtières dépendant entièrement des produits de la mer.
« Face à nos constats et à la mesure de l’urgence d’un changement de trajectoire, nous avons avancé la date de publication de notre rapport dressant le portait le plus fidèle possible de la santé de nos océans », explique Marco Lambertini, Directeur général du WWF International. « En l'espace d'une seule génération, les activités humaines ont gravement dégradé les océans en capturant les poissons à un rythme supérieur à celui de leur reproduction et en en détruisant les nourriceries. De profonds changements sont indispensables si l’on veut rétablir l’abondance de la vie océanique pour les générations futures », ajoute Isabelle Autissier, Présidente du WWF France.
« Ce à quoi nous assistons, est une course au poisson qui pourrait bien se terminer par l’épuisement d’une source alimentaire vitale pour les individus et par la disparition d’un moteur économique majeur. L’effondrement des écosystèmes océaniques est en mesure de déclencher une grave crise économique et de compromettre les résultats de la lutte que nous menons pour éradiquer la pauvreté et la malnutrition », prévient Marco Lambertini.
Outre la chute libre des stocks de poissons, le rapport met aussi en évidence le déclin prononcé des récifs coralliens, des mangroves et des herbiers marins qui accueillent nombre d’espèces de poissons et rendent de précieux services aux populations. Les récifs coralliens et prairies sous-marines pourraient ainsi disparaître du globe d’ici 2050 sous l’effet du changement climatique. Sachant que plus de 25 % de toutes les espèces marines en sont les hôtes et que près de 850 millions de personnes bénéficient directement de leurs services économiques, sociaux et culturels, la perte des récifs coralliens représenterait une extinction catastrophique, aux conséquences dramatiques sur les communautés.
Si la surexploitation apparaît comme la première menace pour la biodiversité océanique, l’étude estime que le changement climatique est également à l’origine de mutations océaniques plus rapides qu’à n’importe quelle autre époque depuis des millions d’années. L’élévation des températures et de l’acidité des océans, attribuable au dioxyde de carbone, aggrave les impacts négatifs de la surpêche et des autres grandes menaces, telles la dégradation des habitats et la pollution.

Une des conclusions du WWF : « Pour inverser cette triste tendance, les dirigeants du monde entier doivent se mobiliser et faire en sorte que la santé des océans et la préservation des habitats côtiers tiennent une place de premier plan dans la mise en œuvre des Objectifs de développement durable de l’ONU, officiellement approuvés à la fin du mois (Agenda 2030 pour le développement durable) et dont l’objectif réside dans la lutte contre la pauvreté et le renforcement de la sécurité alimentaire. Il est essentiel que l’application politique et financière de l’agenda remédie à la destruction des habitats, à la surpêche, à la pêche illégale et à la pollution marine. »
En début d’année, le rapport du WWF: Aires marines protégées (AMP), un bon investissement pour la santé des océans, montrait ainsi tout l’intérêt environnemental mais également économique d’un accroissement des AMP à l’échelle internationale pour protéger les actifs océaniques. L’étude démontrait  ainsi que  chaque dollar investi dans la création d’aires marines protégées peut tripler les bénéfices qui en sont retirés, notamment en matière d’emploi, de protection côtière et de pêches.

     

Laurence de Susanne - IleMayotte.com