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Dzaoudzi

Le « Gibraltar de la mer des Indes »

Avant son occupation par la légion étrangère et avant qu'il ne devienne la capitale des Comores à l'époque coloniale, le rocher de dzaoudzi était le domaine des sultans. Venus d'Arabie, ces derniers avaient créé des cités états dans leurs nouvelles colonies de l'océan Indien. Leurs descendants, issus de leur union avec des mahorais d'origine bantoue, peuplèrent Mayotte. C'est à la fin du XVIIIe siècle que la presqu'île de Dzaoudzi fut choisie comme lieu de résidence du sultan. En effet, fuyant Grande-Terre, où ils étaient pourchassés par des négriers et les pirates malgaches, ces derniers vinrent à se réfugier sur le rocher, avec la totalité de leurs sujets ; un millier de personnes. Mayotte n'échappait pas à ce fléau et était d'autant plus exposée qu'elle est l'île de l'archipel la plus proche de Madagascar. Pour rendre ce site inexpugnable, le sultan salim II fit ceinturer Dzaoudzi d'une haute muraille dont on ouvrait les portes lorsqu'aucun ennemi n'était signalé à l'horizon. Quand ils découvrirent Mayotte XIXe siècle, les soldats français la qualifièrent d'ailleurs de « Gibraltar de la mer des Indes ». Une fois les portes ouvertes, les mahorais allaient chercher de l'eau (car le rocher n'a pas de sources) et des vivres, en particulier de la viande de tortues de mer dont ils étaient très friands.

Le rocher aride

C'est donc à contre-coeur qu'ils restèrent confinés dans l'îlot de Dzaoudzi, dont ils dressèrent un portrait bien différent de la réalité d'aujourd'hui.

Le palais Eiffel

Compte tenu de son passé, Dzaoudzi, qui compte avec Labattoir quelque 13 000 habitants, abrite donc l'essentiel des bâtiments de l'époque coloniale. En partant de l'embarcadère des bacs, on remarquera l'architecture de pierre et à véranda de l'hôtel "le rocher" et de l'immeuble qui lui fait face. Plus loin, on admirera le bâtiment de l'ancienne poste, qui date de 1845. Ancien pensionnat, il abrite la maison du patrimoine, appelé à devenir le musée de Mayotte. Le conseil général de Mayotte occupe l'ancien palais du gouverneur, une belle bâtisse coloniale. Elle est appelée palais Eiffel, car elle a été conçue par les ateliers du maître. Toute de métal boulonnée recouvert de bois, elle est en effet caractéristique de leur travail. Deux vieux canons montent la garde de chaque côté de cet édifice d'un blanc immaculé, ne démentant pas la devise de l'île: ra hachiri (nous sommes vigilants). Découvert en 1992 dans le lagon, d'autres canons, provenant de l'épave du navire marchand anglais le Ruby, sont entreposés dans les locaux de la maison du patrimoine. Prés du conseil général, un jardin public bien entretenu, où pousse une magnifique végétation tropicale, donne un caractère champêtre aux lieux. D'autres bâtiments, comme celui des douanes, la petite église catholique aux dimensions de chapelle et l'hôpital, sont les derniers vestiges de cette époque coloniale. En continuant la promenade, on découvrira sur l'eau du rocher de Dzaoudzi de nombreuses villas entourées de jardins, dans le style colonial à colonnades et à galerie, comme la maison du directeur de l'hôpital et même la gendarmerie.